
Je scrute, comme à mon habitude, les innombrables news acheminées depuis les blogs musicaux les plus divers jusque ma modeste boite mail. Et comme à mon habitude, vu le nombre, je suis paumé et franchement, je tape au hasard, effaçant ici et là divers posts pour ne pas être tenté de les lire envers et contre tout et d'y passer, au final, la journée.
Au hasard donc, mes amis... Ouais... Cette sphère indomptable qu'on maudit incessamment, qu'on envoie chier par monts et par vaux, qu'on piétine comme une vulgaire fatalité, bande d'incrédules! Le petit Jésus surveille et ce putain de hasard me met sur la piste des Wave Pictures.
Je ne saurais dire pourquoi mes yeux se sont arrêtés sur ce nom de groupe... et franchement, on s'en bat les prunes. Pictures faisant peut-être référence à l'image de soi, au double, au miroir et donc à un certain romantisme, Wave ayant une consonance très eighties, je m'attendais à un bidule genre new-new-wave quoi... Le futur nous apprendra que je me suis bien planté dans mes élucubrations.
Et le futur c'est maintenant! Ne perdons pas de temps les enfants... Je lis: « Blablabla... musique parfaite... blablabla... simplicité... blablabla... disque folk... » Bref du conventionnel, du chiant, tout ça quoi! A priori, rien qui ne me mette en émoi et ne me fasse montrer le bout du clitoris. Et le hasard, une nouvelle fois (ou peut-être l'instinct de défricheur que je suis, voyez ça comme vous voulez), m'envoie malgré moi sur le Myspace.
Comme à mon habitude, une nouvelle fois, je checke le premier morceau... Juste le temps de le charger complètement que je suis déjà en train d'avancer allègrement dans la barre de temps pour voir ce qui vient après. Peu sûr de mon coup, je veux être vite fixé et réaliser amèrement que ce groupe est une merde et que je viens de perdre 5 précieuses minutes dans ma vie de mélomane. Un petit solo de guitare quand même mignon me flatte les oreilles et m'ordonne donc, compulsivement, de passer au morceau suivant.
Ok, j'entends bien le côté lo-fi là, pas de doute, ça pique les tympans... Mais putain, dans la douleur, je souris! Les paroles sont bidons, ça parle de statue, de confiture, ... rien de bien philosophique en somme. Mais c'est gai et ça tient tout seul, la mélodie est là et on ne peut pas l'ignorer.
J'en veux encore... Une reprise de Sam Cooke (preuve d'érudition selon moi) glisse et m'envoie plus loin, toujours plus loin, de mieux en mieux, vers des chansons ou Fonzy (pas le Fonzy Rock & Roll mais le Fonzy cool-jukebox-milkshake, nuance!) entame des ritournelles avec Crosby, Stills, Nash & Young...
Putain je bande! Ce groupe tombe à pic!
Non pas que je ne pouvais plus bander mais toutes ces saloperies de revival disco-yoyo-fluo-trémolo, cet hédonisme 80's resucé (vive les seins de Sabrina qui chantait Boys Boys Boys, rien ne vaut les eighties originelles...) tout ça commençait à me foutre la gerbe et les cheveux de Desireless commençaient à me sortir du cul!
Je voulais du voyage (voyage), du mignon, du doux; un revival, cette fois, d'une époque où on faisait les choses bien parce qu'on ne connaissait pas la souffrance, sans crises économico-pétrolières, sans sida,.... Parce que ouais, concrètement, Daniel Darc qui chante « Cherchez le garçon », ça ne pouvait être que la preuve d'une époque de mal-être!
Je phantasmais sur un revival sixties, mes amis! Mais attention, pas de ces putains de hippies qui puaient la transpiration et le chanvre périmé. Et puis de toute façon le LSD ça fait gerber il parait! Pas cool...
Le vrai âge d'or c'est celui où les chansons populaires étaient de petites perles roses bonbon... Je ne le répèterai jamais assez mais « Be My Baby » est là plus belle chanson du monde et Phil Spector est Dieu!
Le rapport? Aucun, si ce n'est l'IN-SOU-CIAN-CE mes amis, cette fraîcheur, cette vigueur candide qui peut porter les foules. Loin de toute ces musiques conceptualisées et de ses travers (Rick Wakeman quoi, merde! Je comprend pas pourquoi le FBI n'a jamais descendu ce mec, c'est une question de sécurité mondiale); la force vient de la simplicité!
Et qu'est ce qu'on a ici avec The Wave Pictures? Une guitare douée, il faut l'admettre, une basse sensible , des percussions légères, une voix nasillarde, dont on ne sait dire si elle est triste ou gaie (d'ailleurs on s'en fout, si elle est gai, on est gai, c'est communicatif et si elle est triste, on est gai, c'est par pur esprit de contradiction) et enfin ces mélodies qui s'infiltrent depuis votre anneau rectal jusqu'aux oreilles et vous botoxent le sourire après vous avoir tout remué de l'intérieur. Et ça chatouille, je vous le dit!
Vous savez, il existe une théorie qui développe le fait qu'il existe une bivalence chez l'homme. Je pourrais vous parler d'anima, d'archétype mais pour vulgariser, un homme ne serait constitué que de 50% de masse poilue et virile là tout en haut dans son inconscient et le reste, ce serait tout simplement une bonne femme bien bandante!
Et bien ces chansons font ressortir en moi la petite pute, insoupçonnée et désinvolte, en petite culotte bouffante rose, la coiffe en choucroute, qui chante presque à poil dans sa chambre! Et putain, je peux vous dire que je m'excite à fond!
Et pour les plus homophobes d'entre vous qui n'ont pas été convaincus par ce discourt, sachez que c'est aussi le genre de chanson qu'on peut chanter au pub, des bières à la main, avec ses potes de rugby (bien que je pense sincèrement que les rugbyman ne sont en fait que des sales pédales pas tolérantes pour un sou, franchement, aimer se faire sauter dessus par des mecs en sueurs, y a vraiment des pulsions refoulées là dessous, nan?).
Un dernier mot sur les influences cités sur le Myspace du groupe qui, à vrai dire, me laissent perplexe. Déjà résumer ses influences en 3 vidéos, ce n'est guère aisé comme exercice. Soit. Extrapolons...
La première est un live des Stones. I Got The Blues de l'album Sticky Fingers, qui est un des plus bluesy et authentique du groupe. Peut-être la ballade qui fait que ...
Seconde vidéo, I Put A Spell On You reprit par Creedence! Moi y en a pas comprendre 'sieu! Si quelqu'un à une piste, ça fera avancer le schmilblick.
Et enfin 3e vidéo qui me permettra de conclure: DIRE STRAITS! Mais c'est bien sûr... Vous ne pouvez pas le comprendre vous, tout les blasés de mes deux, mais Mark Knopfler est un super songwriter, mais pas de « rock à l'ancienne » comme il se plait à le déclarer, mais bel et bien de chansons pop (avec guitares électriques en option). Franchement, Money For Nothing, Were Do You Think You're Going, Romeo & Juliette, Telegraph Road... DES PUTAINS DE MELODIES MON POTE!
Ainsi, je terminerai par cette assertion que je clamerai haut et fort: DIRE STRAITS C'EST COOL (mais pas tout les jours)! Au moins parce qu'ils ont engendré The Wave Pictures.
Alors filez vous procurer l'album Instant Coffee Baby pour qu'on se foute tous à poil et qu'on montre tous la petite pute qui sommeille en nous!